RANGOON EXPRESS: 20 h dans un train de nuit.


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20 h dans un train de nuit à travers la Birmanie.

Un couple dort au sol, entre les bagages d'un régiment militaire.
Un couple dort au sol, entre les bagages d’un régiment militaire.

Comme beaucoup d’anciennes colonies britanniques, le train structure la société birmane. Lent et inconfortable, le train reste un liant indispensable pour la plupart des Birmans souhaitant voir leur famille éloignée, tant il dessert les campagnes du pays pour quelques kyats. Reliant Rangoun à Bagan, ce train mettra plus de vingt heures pour parcourir les 600 km qui séparent les deux villes.


Malgré l’existence de classes « sleeper », beaucoup se contentent des classes assises les plus spartiates, les « ordinary classes », n’étant que de simples bancs en bois. Le voyage sera long et beaucoup commencent à dormir avant le départ du train, malgré les cris des vendeurs à la sauvette qui défilent entre les voitures et les derniers passagers qui s’installent bruyamment.

Dès les premiers tours de roue, la plupart des passagers s’endorment déjà.

Tandis que d’autres préfèrent s’occuper.

Une fois le train parti, tantôt bercés, tantôt réveillés par les secousses lancinantes, beaucoup de passagers arrivent, par habitude, à trouver un sommeil profond. L’ambiance urbaine s’efface lentement au profit d’odeurs de paille, d’herbes fraiches et de bois brûlé. Entrant progressivement dans la pénombre, l’ensemble du train semble déjà dormir. Seule la voiture restaurant rassemble quelques passagers éveillés. Dans le reste du train, les portes et fenêtres grandes ouvertes glissent un courant d’air continu dans les allées des voitures. Le son de la corne à air vient de temps en temps briser le claquement monotone du roulement sur les rails. La vie nocturne est maintenant rythmée par des arrêts successifs dans des gares anonymes où sortent les voyageurs patauds, réveillés par les crissements des freins, et entrent les nouveaux passagers, déterminés et bruyants après une longue attente sur les quais.

S’approchant du jour, l’atmosphère se refroidit sensiblement et les corps engourdis recherchent la moindre source de chaleur, par une couverture fleurie ou, un peu plus tard, grâce aux premiers rayons de soleils. La promiscuité ne change rien, il faudra attendre 11h du matin pour retrouver la chaleur piquante du centre de la Birmanie. Des familles, des femmes seules, un régiment de militaires, des paysans à la lourde cargaison. Se seront ainsi croisés une multitude de silhouettes anonymes sans véritable interaction. Le train arrive, fatigué, en gare de Bagan peu avant midi. Il fera le trajet en sens inverse quelques heures plus tard. 

Antoine Béguier


En pleine nuit, le train s’arrête dans une gare anonyme.

Le bruit des passagers entrants ne perturbe pas le sommeil des passagers déjà bien installés.

Entre chaque gare, les voitures s’endorent, même si de rares personnes veillent toujours.

Au petit matin, les températures sont au plus bas.

Un peu plus tard, les premiers picotements du soleil font leur apparition.

En “Ordinary Class”, les couchettes sont remplacées par de simples bancs de bois. Le confort sommaire n’empêche personne de s’endormir.

En début de matinée, la rame est bondée. Chacun trouve néanmoins sa place pour terminer sa nuit.


G A L E R I E